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    Le printemps arabe n’est pas encore mort

    16 mai 2017 • 19:00

    Soirée-rencontre avec et autour d’Abdellah Taïa

    Le titre de cette rencontre trouve son origine dans une déclaration de l’écrivain marocain Abdellah Taïa, au journal français Libération, le 22 mars 2017.
    Dans cette prise de position, Abdellah Taïa estime que, même si nous sommes bel et bien tentés par l’oubli ou le déni, « la révolution arabe continue de couver » parce que « les Arabes sont enfin sortis de la peur et de la soumission éternelle ».
    Il explique que certes les dictateurs sont revenus, que la « Syrie et la Libye vivent des tragédies insoutenables », que « l’Égypte fait un bond en arrière spectaculaire », et qu’en plus tout ceci se trame sur le fond de cette « terreur jihadiste » qui frappe partout et qui voudrait faire croire que « l’islamisme est la cause de tous les problèmes du monde arabe »…
    Nous voilà donc, dit Abdellah Taïa, « passé si vite du feu qui libère à l’incendie qui ravage ».
    Mais alors, qu’est-ce qui pourrait encore couver sous ce feu et pourquoi la survenue de cet incendie ? Comment estimer ces moments de révolution et qu’attendre d’eux ? Comment sortir des formes multiples du colonialisme ? Ou comment ne pas y retomber ? Quels rôles peuvent jouer la littérature et la poésie ? Comment les sexualités sont-elles mobilisées dans ces révolutions ? Que disent les parcours personnels de nos différents intervenants ?
    Ces questions seront au centre de cette soirée avec et autour d’Abdellah Taïa qui nous fait l’amitié de revenir à Bruxelles. Il sera entouré de Xavier Luffin et de Taha Adnan pour débattre, avec le public également, de ces questions.
    La rencontre sera animée par Jean Leclercq et Ali Serghini.

    Abdellah Taïa

    Ecrivain gay marocain nous avait déjà captivés lors de la soirée de février 2016 au Marni. Début 2017, il vient de publier un nouveau roman aux éditions du Seuil « Celui qui est digne d’être aimé », un très grand livre sur les rapports de l’amour et du pouvoir, sur la domination et la politique des corps, sur la langue mais aussi sur les affres des conquêtes les plus pernicieuses et subtiles du colonialisme, notamment quand elles envahissent l’intime et le social.

    Taha Adnan

    Poète et écrivain belgo-marocain, vient de publier un recueil de poèmes « Ton sourire est plus beau que le drapeau national » et deux beaux ouvrages collectifs « Bruxelles la marocaine » (2015, Éditions le Fennec) auquel Abdellah Taïa a contribué et « Ceci n’est pas une valise » (2016, Éditions La Croisée des Chemins) qui a été édité en arabe.

    Xavier Luffin

    Professeur à l’Université Libre de Bruxelles, enseigne la langue et la littérature arabes, il est membre de l’Académie Royale de Belgique. Traducteur de l’arabe et du turc vers le français, il a notamment publié « Printemps arabe et littérature. De la réalité à la fiction, de la fiction à la réalité » aux éditions de l’Académie royale de Belgique (2013).

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